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Enfance et parcours Il passe son enfance à Dunkerque de 1891 à 1904. Étudiant à la faculté des Lettres de Lille, il adhère à la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) et fonde un groupe d'étudiants collectivistes. Militant fougueux, il hésite pas à porter la contradiction dans les réunions de droite. En 1912, il effectue son service militaire au sein du 33e RI et est inscrit au Carnet B pour avoir, pendant l'une de ses permissions, manifesté contre la loi des Trois Ans. Le 2 août 1914, il est arrêté sur ordre du préfet du Nord, de même que tous les inscrits du département, et contrairement aux instructions données par le ministre de l'Intérieur, Louis Malvy, de ne pas inquiéter les syndicalistes portés sur le carnet. Libéré sur l'intervention de Gustave Delory, il rejoint son unité et participe aux combats d'Artois et de Champagne. Il est fait prisonnier le 7 octobre 1915. Revenu de la guerre affaibli par trois années de captivité, il se lance dans le journalisme et le militantisme. Il est alors l'un des principaux animateurs de la SFIO dans le Nord. Il est élu conseiller municipal de Lille sur la liste Gustave Delory et conseiller général du canton de Lille-Sud-Ouest. Il devient secrétaire administratif de la Fédération. Il succède à Gustave Delory comme maire en 1925 il est réélu en 1929 et 1935. Député socialiste de 1928 à 1936, il devient en 1936 ministre de l'Intérieur du Front populaire de Léon Blum. C'est lui qui annonce la signature des accords de Matignon en juin 1936. On lui doit aussi la loi sur la dissolution des ligues, le 18 juin 1936. L'Affaire Salengro Roger Salengro est, à l'été 1936, l'objet d'une campagne de presse violente et mensongère de la part de la presse d'extrême-droite, en raison de son action contre les ligues (loi sur la dissolution des ligues, projet de nationalisation des gazettes d'extrême-droite). Tout commence le 21 août 1936, avec la publication par le journal d'extrême-droite Gringoire d'un article qui pose la question Roger Salengro, ministre de l'Intérieur, a-t-il déserté le 7 octobre 1915 ? Un autre journal d'extrême-droite L'Action française reprend et renforce les attaques les jours suivants. Roger Salengro oppose démenti sur démenti aux accusations, mais se voit chaque fois l'objet d'une nouvelle attaque. La campagne de presse est relayée à la Chambre des députés par le chef de file de son opposition municipale à Lille, Henri Becquart, à partir du 14 juillet 1936. Salengro ayant été coursier à vélo pendant la guerre, ses adversaires le caricaturent à l'envi sous l'aspect d'un cycliste. Il est surnommé le rétro-pédaleur, et les "accusations" d'homosexualité implicites se veulent blessantes. On dépose même sur la tombe de sa femme, en guise de couronne mortuaire, une roue de vélo. Bien que l'accusation de désertion ait été reconnue comme infondée des années auparavant, le soldat Salengro ayant en fait été capturé par l'ennemi, la polémique enfle durant l'été dans un pays encore marqué par la guerre contre l'Allemagne. L'Assemblée Nationale, par un vote du 13 novembre 1936, vote par 427 voix sur 503 en faveur d'un soutien à Roger Salengro contre les accusations de l'extrême-droite. Mais Gringoire ridiculise aussitôt le ministre en le surnommant du sobriquet de Proprengro. L'opinion publique, influencée par ces attaques à répétitions, ne retient que le soupçon. Son suicide Après beaucoup de calomnies, le ministre de l'Intérieur, fragilisé, décide de mettre fin à ses jours, ne supportant plus les « mensonges ». En pleine inspection à Lille, sa ville natale, le 17 novembre 1936, Salengro rentre chez lui dans la soirée. Seul dans sa chambre, il ouvre le robinet de la gazinière, laisse ouvert sur la table deux exemplaires du Gringoire, ainsi que deux lettres : l'une adressée à Léon Blum et l'autre à son frère. Salengro meurt dans les minutes qui suivent. Le jour de ses obsèques, Léon Blum lui rend un vibrant hommage, en accusant les journaux d'opposition de sa mort. Plus d'un million deux cent mille personnes assistent aux obsèques du ministre décédé, ce qui en fait les plus grandes funérailles nationales depuis celles de Victor Hugo. Roger Salengro est enterré au cimetière de l'Est à Lille. ]]>fr2009-04-11T15:00:32Z
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fr2009-06-03T09:00:47Z
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Né le 26 septembre 1908 à Craville-Saint-Sauveur (Seine-Maritime), fils d'un électricien, Auguste Delaune, ouvrier soudeur, adhéra au syndicat unitaire des Métaux en 1922 et deux ans plus tard aux Jeunesses communistes dont il devint un de ses dirigeants. Sportif – il gagna le cross de L'Humanité en 1928-, il fut nommé, en 1931, secrétaire de la région parisienne de la Fédération sportive du travail (FST puis FSGT) avant d'entrer l'année suivante au secrétariat général national et au Comité exécutif de l'Internationale rouge des sports. C'est à ce titre qu'il assista, à Prague le 1er mars 1934, aux pourparlers sur l'unité sportive internationale et qu'il fut nommé, sous le Front Populaire, membre du Conseil supérieur des sports. En 1937, il fut élu membre du Comité régional Paris-Nord du Parti communiste. Auguste Delaune fut arrêté le 6 décembre 1940, interné au camp d'Aincourt, à la centrale de Poissy et à Châteaubriant d'où il s'évada le 2 novembre 1941. Il entra dans la résistance communiste et en fut un des principaux responsables en Picardie, en Normandie puis en Bretagne. Le 27 juillet 1943, il fut blessé au cours d'un guet-apens que lui tendit la police du Mans. Hospitalisé, la Résistance ayant tenté sans succès de l'enlever, il fut transféré à la prison et torturé. Ramené à l'hôpital, il mourut le 12 septembre. (La photo est extraite du supplément au n° 57 de « 22 Octobre », bulletin de l’amicale de Chateaubriant-Voves-Rouillé, publié au second semestre 2007.) ]]>fr2009-06-03T09:00:54Z
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fr2009-03-25T14:15:19Z