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Voici enfin récompensée l'oeuvre de Neuilly en faveur du logement social. Le 4 mars, à une écrasante majorité, la commission nationale de la loi SRU (Solidarité et renouvellement
urbain) a ramené l'objectif de 745 HLM fixé à la ville à seulement 600.
Composée d'élus,de fonctionnaires et de représentants associatifs, cette commission voit défiler les maires qui n'ont pas respecté leurs obligations et qui,
chiffres en main, tentent de prouver leur bonne foi. Il est vrai que Neuilly, dont Sarko fut le maire, est un modèle en la matière, avec ses 3,8% de logements sociaux quand la loi en exige
20%.
Les arguments du maire, Jean-Christophe Fromantin, étaient solides : "En sept ans, le nombre de logements sociaux s'est accru de 144%", affirme-t-il.
Explication de cette hausse vertigineuse : en 2001, première année de la loi SRU, la ville disposait d'un taux de logements sociaux de 1,34%. Et puis, à Neuilly, le maire l'a dit, les terrains
sont rares et chers. Surtout, il a promis de mieux faire... bientôt.
Fromantin s'est montré si convaincant que tous les fonctionnaires et tous les élus de droite, à commencer par le président, le sénateur UMP des Yvelines Dominique
Braye, ont voté la réduction de l'objectif, qui entraîne automatiquement une diminution de l'amende.
Seuls à s'y opposer, Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de Droit au logement (DAL), et les deux socialistes le sénateur Thierry Repentin et le député Jean-Yves Le
Bouillonnec. "Je suis furieux, amer, dégoûté, stupéfait ! enrage ce dernier. La commission a montré ses limites. Si Neuilly est excusable, avec tant de moyens financiers et fonciers,
alors qui ne l'est pas ?" . D'autant que la commission sait se montrer sévère, rejetant sans pitié certaines demandes, dont celles d'autres villes de banlieu, Saint-Maur ou
Saint-Mandé. En revanche, la clémence a prévalu pour Vincennes et ses 6,64 % de logements sociaux.
"De toute façon, ajoute Jean-Baptiste Eyraud, avec des prunes de 123 000 euros pour Neuilly et 132 000 pour Vincennes, les maires préfèrent encore payer que construire. C'est nul et
catastrophique !".
Désormais, le sort de l'ancien royaume de Sarko est entre les mains de Christine Boutin, la ministre du Logement, à qui la loi donne deux mois pour trancher : "La ministre
appréciera en dernier recours", dit-on dans son entourage. Juste avant le remaniement, cruel dilemne...
D.
S. Le Canard enchaîné 25 03 2009.
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