Les conclusions de sa présentation à la presse sont les suivantes :
"Le processus de décentralisation entamé en 1982, et consacré par la révision constitutionnelle de 2003 aura indéniablement marqué un acte politique fort. L’organisation institutionnelle de la France s’en est trouvée profondément modifiée, avec l’affirmation de pouvoirs locaux élus à qui la Constitution confère des compétences étendues. L’objectif de rapprocher la gestion publique des citoyens aura de ce point de vue sans doute été atteint.
Cependant, ce processus a conduit à une organisation administrative complexe, souvent illisible pour le citoyen, qui limite la responsabilisation souhaitée des gestionnaires locaux. Au total, force est de constater qu’à la question posée par le citoyen ; « Qui fait quoi et combien cela coûte ? », il est encore, même après la réforme de 2004, mal aisé de répondre.
De même, le processus de décentralisation n’a conduit ni à une baisse des dépenses publiques ni à une maîtrise de la fiscalité locale. Et il a même pu accentuer les inégalités entre les territoires, à défaut d’une péréquation suffisante.
C’est je crois à l’aune de ces insuffisances qu’il faudra analyser les projets de loi réformant l’organisation territoriale qui ont été présentés en conseil des ministres la semaine dernière.
Ils ne dispenseront pas de la poursuite de la réflexion sur l'Etat lui-même.
La Cour en évoquant l'adaptation tant des administrations centrales que des services déconcentrés conduite dans le cadre de la RGPP a noté et déploré l'adaptation bien tardive de l'Etat à l'organisation déconcentrée de la République.
En allant plus loin on pourrait en arriver à se demander si la décentralisation n'a pas constitué une espèce de substitut à une véritable réforme de l'État ? La décentralisation de certaines missions n'a-t-elle pas permis d'éviter ou de retarder le moment de leur remise en question , qu'il s'agisse de la légitimité de leur maintien dans la sphère publique ou de l'évolution de leurs modalités d'exercice ?
Dans un contexte européen qui solidarise les différents éléments des finances publiques et dans une conjoncture budgétaire extrêmement contrainte, les réformes touchant les collectivités locales sont indissociables de celle de l'État. Elles exigent toute lucidité et pragmatisme. Les travaux de la Cour ont essayé d'y contribuer."
Le rapport
La synthèse du rapport
La présentation à la presse






Derniers Commentaires